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Frédéric GORNY

01 décembre 2003 :
les intermittents du spectacle
s'interrogent sur l'accord du 26 juin 2003

 

 

 

01 décembre 2003 : les intermittents du spectacle s'interrogent sur l'accord du 26 juin 2003


Des intermittents du spectacle s'interrogent sur la représentativité des signataires de l'accord du 26 juin et posent la question de la démocratie sociale.

Mais qui sont-ils ces professionnels du spectacle représentés par les signataires de l'accord du 26 juin 2003 (1) ? Sont-ils artistes, comédiens, techniciens, producteurs ? Qui sont-ils, ceux qui croient en cet accord, et qui devraient donc s'en réjouir ? Qui sont-ils, et pourquoi ne les entendons-nous jamais défendre leurs positions, étayer leurs convictions, expliquer pourquoi l'accord du 26 juin est bon au point d'être applicable à l'ensemble des intermittents du spectacle ? Pourquoi n'est-il pas possible de dialoguer avec eux ? L'impression est telle que cet accord semble avoir été signé pour des fantômes, des spectres. Ils nous auraient pourtant expliqué, avec force conviction, pourquoi, au-delà du nettoyage le plus élémentaire qu'il est primordial de faire partout où des abus peuvent être constatés, la seule solution envisageable pour faire des économies dans notre système spécifique d'assurance chômage, réside dans la mise en place d'un nouveau système fondamentalement basé sur l'exclusion « mécanique » de milliers de personnes. Sont-ils si bien implantés dans le métier qu'ils ne sont exposés à aucun des nombreux aléas de la vie professionnelle de chacun ? Ne devront-ils pas, eux aussi, faire face à des périodes de chômage aux conséquences imprévisibles, parfois désastreuses ? On finit par se demander si on peut vraiment les compter parmi les intermittents ? Ils nous auraient cependant expliqué pourquoi les autres solutions présentées, argumentées, défendues par les syndicats non signataires (CGT et FO), ainsi que par la Coordination des Intermittents étaient à ce point irrecevables qu'elles ont été ignorées lors des négociations. Face au refus général de cet accord, clamé, crié haut et fort par une foule entière d'intermittents en pleine possession de leur conscience, le silence de ces personnes nous fait peur.

Ils nous auraient expliqué pourquoi, peu après le 26 juin 2003, certains signataires ont été obligés de demander à l'Unedic des explications sur l'accord qu'ils venaient à peine de signer. Ils nous auraient dit pourquoi l'accord a fait, a posteriori, l'objet de modifications le 16 juillet, entraînant de la part de la CGT et de la Coordination, différentes procédures de recours auprès du TGI de Paris et auprès du Conseil d'État. Ils nous auraient ainsi expliqué comment, en resignant le 13 novembre dernier, lors d'un simulacre de réouverture des négociations, un accord agréé par le gouvernement depuis plus de trois mois, les signataires risquent fort de faire avorter toutes les procédures de recours, s'évitant par là même d'avoir à se justifier auprès du Conseil d'État des « tripatouillages » qui semblent, en l'état actuel des choses, la solution techniquement indispensable pour réussir à mettre en place cet accord coûte que coûte. Auraient-ils été suffisamment persuasifs pour nous convaincre qu'il fallait absolument persister dans une voie pourtant contestée avec autant d'insistance ? Enfin, ils nous auraient éclairé sur les véritables règles du jeu du « dialogue social » et sur celles de « la négociation », règles dont nous pensions pourtant connaître les bases les plus élémentaires. Dans notre grande naïveté, nous pensions que l'agrément forcé du 6 août, les bidouillages du 16 juillet et la resignature du 13 novembre ne pouvaient exister que dans de lointaines dictatures tropicales, et que cela était totalement impensable dans un pays comme la France, modèle de démocratie. En tous les cas, malgré de nombreuses années d'appartenance à ce monde des intermittents du spectacle, qui nous ont fait rencontrer et côtoyer de nombreux professionnels, nous n'en connaissons aujourd'hui aucun, affilié à l'un des syndicats signataires, avec qui nous aurions une chance, par le dialogue, d'obtenir des réponses à toutes nos interrogations. Se cacheraient-ils, ou bien, tout simplement, n'existeraient-ils pas ? Au final, au-delà de cette question qui reste entière : Qui sont-ils ?, une inquiétude encore plus grande nous tenaille : Pour qui donc l'accord du 26 juin 2003 a-t-il bien pu être conclu ?

Le 1er décembre 2003

Les signataires de ce texte sont tous des intermittents du spectacle, directement concernés par l'accord du 26 juin 2003.

Ils sont : accessoiriste, administrateur de production, administratrice, animatrice, artiste chorégraphique, assistant(e) caméra, assistant déco, assistant(e) réalisateur, assistant son, assistante de production, auteur, cadreur, cadreuse, cadreur/opérateur steadicam, chargée de production, chef coiffeur, chef décorateur, chef électricien, chef machiniste, chef maquilleuse, chef monteur, chef opérateur prise de vues, chef opérateur son, chorégraphe, clown, comédien, comédienne, comédienne/ cascadeuse, danseuse, décorateur, directrice de production, directeur photo, directrice photo, éclairagiste de scène, électricien, graphiste- infographiste, ingénieur du son, jongleur, maquilleuse, marionnettiste, metteur en scène, monteur, musicien, organisateur de spectacles, perruquier, productrice, réalisateur, réalisatrice, régisseur général, régisseuse, régisseur son, scénariste, scripte.

(1) Rappelons que, dans le cadre de la négociation relative au système d ?assurance chômage spécifique des intermittents du spectacle, a été conclu entre CFDT, CFTC, CGC et MEDEF, UPA et CGPME un accord dont les conséquences seront graves pour de nombreux professionnels.

 

Les 157 signataires :

Régine Abadia (réalisatrice), Emmanuel Abate (régisseur général), Anthony Andia (1er assistant déco/régisseur général), Claudie Arif (comédienne), Sébastien Agisson (assistant son), Annouchka (chef maquilleuse), Martine Baldacchino (directrice photo), Francis Baldos (chef opérateur son), Olivier Barbier (cadreur), Mario Barroso (directeur photo), Pascal Battus (musicien), Florence Bermond (comédienne), Roland Bernard (directeur photo), Nadine Berroyer (accessoiriste), Olivier Bertrand (assistant opérateur), Frédéric Bétaillole (2nd assistant réalisateur), Bernard Blancan (comédien), Yves Bogdan (graphiste-infographiste), Frédéric Bonnet (chef monteur), Émilie Borgo (artiste chorégraphique), Sébastien Bouhana (musicien), Jean-Jacques Bouhon (directeur photo), Dominique Brabant (chef opérateur), Isabelle Bregeaud (assistante opérateur), Jean-Jack Bréhier (cadreur), Bénédicte Brunet (réalisatrice), Dominique Brunet (danseuse), Philippe Calvet (régisseur son), Anne Caramagnol (maquilleuse), Fanny Castelli (assistante réalisation), Gilles Chanez (chef décorateur), Franck Charron (comédien), Serge Chambon (comédien), Yves Chenevoy (metteur en scène), Lucille Christol (scripte), Arthur Cloquet (directeur de la photo), Christophe Coïc (chef électricien), Compagnie Passaros ( 30 membres), Michèlle Constantinidès (chef maquilleuse), Jean-Marie Cuvilo (chef coiffeur pérruquier), Johanne Debas (chef opérateur), Christophe Debraize (directeur photo), Marie Delmarès (comédienne), Maruschka Detmers (comédienne), Audrey Dilant (chef opérateur), Roger Do Minh (assistant caméra), Philippe Donnefort (chef opérateur son), Philippe Dorelli (cadreur), Emmanuel Doucet (régisseur général), Christian Dubet (éclairagiste de scène), Magali Ducleux (comédienne), Nathalie Dufour (chef maquilleuse), Florence Dusset (clown), Geoffroy Duval (cadreur), Soraya Elyes Ferchichi (auteur), Nicolas Eprendre (cadreur), Otavio Espirito Santo (directeur photo), Valérie Estival (cadreuse), Renée Falson (scripte), Anne Farrer (assistante opérateur), Philippe Fauconnier (comédien), Bernard Favre (réalisateur), Isabelle Ferrandis (1ère assistante opérateur), Gilles.Flouret (organisateur de spectacles), Alain Gaillard (cadreur), Marielle Galecki (animatrice), Zoé Galeron (réalisatrice, scénariste), Hervé Garcia (monteur), Claude Garnier (directrice photo), Sandrine Gaubert (comédienne), Hughes Gémignani (assistant opérateur), Pascal Genesseaux (directeur photo), Francis Genest (musicien), Jean Georget (technicien), Bruno Glasberg (électricien), Benoît Glaux (1er assistant opérateur), Raphael Gonnet (2nd assistant opérateur), Frédéric Gorny (comédien), Rémy Grandroques (réalisateur /photographe), Éric Grangé (chef opérateur pdv), Denis Gravouil (directeur photo), Pascal Graziani (1er assistant opérateur), Thierry Grosbois (réalisateur, comédien, marionnettiste), Laurent Guyot (chef machiniste), Henri Habans (directeur photo), Christine Huet (chargée de production), Géraldine Ioos-Combelles (productrice), Christophe Jouret (réalisateur), Eve Kirchner (assistante de production), Olivier Kulinski (1er assistant caméra), Labonde (chef monteur), Franck Laffitte (comédien), Christophe Laluque (metteur en scène), Christine L ?Apre (administratrice), Nicolas Larmignat (musicien), Mathieu Laureux (régisseur, assistant réalisateur), Michelle Lazzarotto (régisseuse), Catherine Lebègue (comédienne/cascadeuse), Didier Leclerc (perchman), Pascal Le Moal (cadreur), Véronique Le Moal (assistante réalisateur), Stéphane Le Parc (chef opérateur), Valérie Lesage (comédienne), Nickie Lescot (comédienne), Mathieu Levy (régisseur général), Antoine Lienhard (chef électricien), Jean-Didier Lienhard (électricien), Pierre-François Limbosch (décorateur), Patrice Martineau (réalisateur), Michel Massé (assistante réalisateur), Camille Mathieu (administratrice), Pierre Mazard (1er assistant opérateur), Carole Michelon (assistante opérateur), Alice Mordillat (2nd assistant opérateur), Pierre Morel (directeur photo), Marie Muzeau (régisseuse), Fabien Naudier (2nd assistant réalisateur), Kim Nguyen (régisseuse adjoint), Françoise Noyon (1ère assistant opérateur), F.Paturel (opérateur pdv), Melissa Petitjean (ingénieur du son), Pierre Pelissier (comédien), Marc Piera (ingénieur du son/musicien), Emmanuel Pietri (assistant son), Chantal Popelin (comédienne), Yvan Quéhec (électricien), Nicolas Quilliard (comédien), Aurélie Raigné (assistante réalisateur), Frédéric Rebiere (comédien), Fabienne Rebiere (administratrice), Serge Robert (régisseur son), Anne-Laure Rouxel (chorégraphe), David Sallaud (2nd assistant opérateur), Samantha Salvy (assistante de production), Régis Savigny (musicien), Vincent Schmitt (jongleur), Romain Schwartz (2nd assistant opérateur), Erik Sevret (musicien), Jean-Louis Sonzogni (directeur photo), Stéphane Soye (assistant son), Marie Spencer (directrice photo), Gilles Springmann (chef machiniste), Alain Tabakian (administrateur de production), Michel Thimoreau (cadreur), Jean-Bernard Thomasson (chef opérateur son), Agnès Todoroff (1ère assistante opérateur), Simon Tric (accessoiriste), Anne-Lise Valla (danseuse/chorégraphe), Christian Vicq (chef électricien), Dominique Violet (musicien), Nicolas Vray (2nd assistant réalisateur), Marie Wacker (comédienne), Pierre-André Wéité (1er assistant opérateur), Laurence Weisbrot (scripte), Anne-Catherine Witt (directrice de production), Valérie Wroblewski (assistante réalisateur), Bernard Wuthrich (cadreur/opérateur steadicam).


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